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Mot de fin de session des leaders

Honorables sénateurs, à la fin d’une session, il est d’usage de passer en revue ce que nous avons accompli au cours des derniers mois, depuis la reprise des travaux parlementaires. Toutefois, nous nous souviendrons des derniers mois autant pour ce que nous n’avons pas réussi à faire que pour ce que nous avons été en mesure d’accomplir.

Entre autres choses, nous n’avons pas pu souligner le départ de certains de nos collègues qui ont pris leur retraite pendant la période de confinement ou qui la prendront au cours de l’été. Nous n’aurons donc pas eu l’occasion de leur dire convenablement au revoir alors qu’ils siégeaient toujours dans cette enceinte. Bien entendu, je parle du sénateur Mitchell, du sénateur McInnis et, dans quelques mois, de la sénatrice Lillian Dyck. La même chose s’applique évidemment aux collaborateurs, aux membres de l’Administration du Sénat, aux pages et aux autres employés du Sénat qui, pour une raison ou une autre, ont accepté de relever d’autres défis. Nous ne pourrons pas leur faire convenablement nos adieux dans cette enceinte.

J’aimerais profiter de l’occasion pour souligner le départ d’une personne en particulier, Megan Lee, qui travaille au secrétariat du Groupe des sénateurs indépendants. C’est sa dernière journée au Sénat. Elle a décidé de réorienter sa carrière à Ottawa.

Nous n’avons pas non plus pu former de comités au cours des sept derniers mois. Quelques-uns ont pu être constitués, comme nous le savons tous, mais la plupart ne l’ont pas été et n’ont pas pu mener les études pour lesquelles ils sont bien connus. Nous n’avons pas pu participer aux travaux ni aux déplacements des associations interparlementaires. Un grand nombre d’entre nous n’ont pas été en mesure de faire avancer les causes qui nous tiennent à cœur sur la Colline, à Ottawa. Surtout, le Sénat n’a pas pu siéger dans cette enceinte selon son horaire de session normal. C’est ce qui a le plus durement touché les sénateurs qui n’ont pas été en mesure de participer aux séances d’urgence qui ont eu lieu depuis la mi-mars ainsi qu’aux séances des deux dernières semaines. Je sais qu’ils ont tous suivi de près ce que nous faisions dans cette enceinte et qu’il a été extrêmement frustrant pour eux de devoir nous observer de loin sans pouvoir être au cœur de l’action, pour ainsi dire.

Les sénateurs accomplissent beaucoup plus de choses dans leur rôle officiel à Ottawa que ce qui est perceptible au premier coup d’œil. Nous savons que tous les sénateurs, qu’ils soient ici ou ailleurs, travaillent fort dans leurs collectivités et remplissent leurs fonctions de sénateurs aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur de la Chambre du Sénat et des salles de comité. Un certain nombre de sénateurs ont décidé de former des groupes pour discuter et échanger sur les questions d’importance pour le Canada, en particulier dans le contexte de la pandémie de COVID-19. Ces discussions correspondent à peu près aux mandats des comités permanents du Sénat, mais pas de manière à usurper le rôle de ces derniers. Je pense au travail des sénateurs qui ont discuté du revenu de base et des affaires étrangères dans la foulée du coronavirus. Je pense aux sénateurs qui se sont réunis pour discuter des questions liées à l’énergie et à l’environnement, aux arts et à la culture, aux affaires autochtones et, bien sûr, au racisme anti-Noirs. Le Sénat ne s’est peut-être pas réuni, mais les sénateurs ont travaillé très fort.

Cela dit, les derniers mois ont mis en évidence une faiblesse criante dans le fonctionnement de notre institution : nous n’avons pas de plan de continuité des activités. Nous avons déjà eu des discussions à ce sujet, à propos de l’utilisation des technologies de vidéoconférence, et il existe différents points de vue parmi les sénateurs. Personnellement, je trouve aberrant qu’une institution qui joue un rôle aussi crucial pour le Canada ne soit pas en mesure de tenir des séances à l’extérieur de l’enceinte du Sénat et qu’elle n’accueille pas favorablement la technologie, comme l’ont déjà fait toutes les organisations efficaces du pays. Il y a certes des obstacles à surmonter; mais s’il y a une leçon que nous avons apprise au cours des derniers mois, c’est sûrement que, qu’il faille ou non utiliser cette technologie, il faut la mettre en place pour être bien préparés si jamais une deuxième vague ou une autre catastrophe nous empêchait de nous réunir en personne à Ottawa. Vous connaissez tous le serment d’allégeance que nous avons prêté. Il résonne comme une convocation. Je me plais à croire qu’au XXIe siècle, une convocation moderne peut nous inviter à brancher notre ordinateur et à ouvrir l’application de vidéoconférence.

Honorables sénateurs, la continuité des activités et la capacité de se réunir à distance devraient faire partie de notre programme de modernisation. Le Sénat a entrepris de se moderniser il y a déjà de nombreuses années. Je sais que l’Administration du Sénat travaillera sur cet élément supplémentaire au cours de l’été.

Bien sûr, le programme de modernisation va bien au-delà des infrastructures physiques et des réunions qui se tiennent à l’aide de la technologie. Il vise également à accroître l’efficacité du Sénat. Je me réjouis de voir une plus grande indépendance et moins de partisanerie dans la Chambre haute. Je suis très heureux que, ces derniers mois, même au beau milieu de la crise de la COVID-19, nous ayons connu un développement important, à savoir l’émergence de trois groupes parlementaires reconnus qui ne font pas partie d’un caucus partisan. Maintenant, la majorité claire des sénateurs fait partie de groupes qui sont non partisans et qui veulent que l’avenir du Sénat repose sur d’autres critères que les considérations partisanes.

C’est ce dont nous avons été témoins lors des deux dernières semaines, où on s’est opposé au gouvernement de différentes manières. Cela s’est reflété dans le fait bien accueilli qu’un type d’opposition plus morcelé au Sénat soulève un ensemble de questions différentes pour interpeler le gouvernement. Il y a eu une réunion du comité plénier sur les travaux des subsides. Il y en a également eu une sur le racisme systémique. Je suis très fier de mes collègues du Groupe des sénateurs indépendants, qui ont fait preuve d’initiative sur ces questions.

Nous avons réalisé beaucoup d’autres progrès relativement à la modernisation. Ce n’est pas le temps de s’étendre là-dessus, mais je suis très heureux que nous ayons pu avancer dans certains dossiers. J’aimerais préciser plus particulièrement que le comité de l’audit et de la surveillance est maintenant en bonne voie d’être mis sur pied. Encore une fois, c’est grâce au travail des sénateurs de toutes allégeances, qui ont longuement et soigneusement délibéré de cette question.

Il ne me reste qu’à offrir mes remerciements et ma gratitude aux nombreux collègues et amis qui ont contribué à rendre les sept derniers mois de séance des plus fructueux et agréables. J’aimerais d’abord saluer mes collègues du Groupe des sénateurs indépendants, qui m’ont accordé leur soutien malgré des périodes difficiles. Je tiens à remercier tout particulièrement l’équipe de direction, formée des sénatrices Saint-Germain, Omidvar et Duncan, mais aussi tous les membres du Groupe des sénateurs indépendants, qui ont été une source d’énergie pour l’équipe de direction et moi, ainsi que le secrétariat, qui a appuyé nos efforts avec un engagement inébranlable.

Je tiens à remercier l’Administration du Sénat et tout le personnel du Sénat, y compris le personnel de sécurité, le personnel chargé du nettoyage, l’huissier du bâton noir et les nombreuses autres personnes qui nous permettent de mener à bien notre travail. Nous avons déjà remercié certains pages en personne dans cette enceinte, mais je tiens à dire à tous les pages que nous sommes très reconnaissants de leur travail, et nous souhaitons la meilleure des chances à ceux qui doivent nous quitter.

J’aimerais remercier mes collègues leaders. Je remercie les sénateurs Plett et Gold pour leurs bons mots. Le sentiment est réciproque. J’ai beaucoup de plaisir à travailler avec vous. Ce n’est pas toujours facile, mais nous trouvons toujours le moyen d’aller de l’avant et de prendre l’intérêt du Sénat et de notre pays en considération.

Votre Honneur, je vous remercie encore une fois pour le leadership dont vous avez fait preuve sur divers plans, surtout dans les circonstances difficiles où nous avons tous eu à prendre des décisions qui ne plaisaient pas à tout le monde. Toutefois, je crois que vous avez toujours eu à cœur de tenir compte de l’intérêt de tous et que vous avez agi de façon à avoir la conscience tranquille.

Chers sénateurs, que vous soyez ici ou à distance par l’entremise de SenVu, je vous souhaite de passer un été en toute sécurité et dans la joie. J’espère que vous reviendrez pleinement reposés à l’automne.